12.12.2009
Rencontre
Les débuts de notre rencontre, après la période un peu froide ou nous faisions connaissance n'ont été marqués que d'une terreur constante pour moi en tous cas. Puisque je voyais avec effroi que nous étions si parfaitement assortis que cela en était presque troublant, je me disais même "ah si il était une fille, ce serait ma meilleure amie et nous n'aurions pas tous ces problèmes". Puis très vite, ridiculement vite, j'en ai déduit qu'il fallait que nous vivions ensemble ou rien d'autre. Il nous a fallu tout de même plus d'un an pour tirer cette décision au clair, dans une année de mensonge, de fuite en avant, et de négation totale (pour moi).
Je ne sais pas ce que cela fait de vivre avec son âme soeur. J'imagine qu'on continue à se disputer au sujet de la vie matérielle, être jaloux quand des êtres séduisants croisent la route de l'autre, peut-etre même se tromper ou se quitter. Ou peut-être pas.
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ces putes borgnes
(excusez la vulgarité pourtant peu présente sur ces pages) ont effacé ça y est tout ce qui restait des anciens blogs 20six. Tout ceci a disparu, sombré, corps et âmes, que de textes marquants, que d'heures de lecture.
Je ne reviendrai pas sur l'aventure 20six, il y aura bien des études universitaires dessus un jour. Disons qu'à l'époque les gens n'ouvraient pas des blogs pour espérer passer dans la presse, ou trouver un job. On n'ouvrait pas de blog pour changer de vie, mais le blog a changé la vie de beaucoup de gens, dont la mienne je pense.
J'ai tenu plusieurs blogs à éclipses, public ou privés, depuis décembre 2004 (cinq ans donc..) et moi non plus je n'ai pas gardé mes notes. Mais je continue à écrire de ci de là. Outre l'aventure vraiment exaltante qui venait de la petite communauté qui s'était formé sur 20six et qui n'a duré que quelques mois, il y a eu les rencontres qui ont suivi, et pour moi cela est allé si loin, que je ne peux m'empêcher à continuer d'écrire de temps en temps, peut être par superstition, ou par gratitude.
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les marches de Thèbes
Pendant un voyage un été, je suis tombée amoureuse d'un garçon (comme on est amoureux à treize ans). Il était très drôle, extrêmement intelligent, et m'a bien évidemment brisé le coeur. Je me suis consolée trois semaines plus tard avec un autre (comme cela arrive à treize ans), mais le souvenir de T., de cet été là, des conversations sur les marches de Thèbes n'est jamais parti.
Cela fait partie des souvenirs de l'enfance, avec le temps ils se glacent et se figent dans une perfection irisée. Contrairement aux souvenirs heureux de l'âge adulte que l'on renie, ou déclasse. Pas ceux de l'enfance. Et l'été de mes treize ans, j'avais encore un pied dans ce monde.
Je me souviens un soir d'avoir demandé à ma mère quand est-ce qu'on cessait d'être un enfant (je ne me souviens plus si la perspective m'attristait ou m'attirait). Elle m'avait répondu :"à treize ans". Ma mère avait raison (comme souvent).
La rentrée d'après ces vacances m'a emmenée dans le monde ennuyeux de l'adolescence, période qu'en revanche je n'ai jamais regrettée, pas une fois.
Je m'aperçois que je n'arrive pas à oublier ces moments, non pas que je pense que je puisse d'une quelconque façon tomber de nouveau amoureuse de lui (comme l'écrit Bernanos le plus mort de mes morts est l'enfant que j'étais), mais lorsque l'on se croise je ne peux m'empêcher de penser que c'est bien lui que je vois aujourd'hui qui était sur ces fameuses marches, et pas un autre.
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